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Dimanche matin,

Tu te souviens du film « L’année des Méduses » ? Alors tu te souviens obligatoirement de Caroline Cellier.

Elle est là, devant moi. Enfin, elle est aussi craquante, je veux dire. Elle laisse ses yeux se perdre à l’horizon. Moi, je laisse le sable glisser entre mes doigts et mes yeux glisser le long de sa nuque, vulnérable. Si elle venait vers moi et si j’étais en forme Je pourrais lui dire. Ca.

D’abord, je veux juste ça. Etre là devant toi. Pas bouger. Te regarder. Tout entière. Tout voir. Tout détailler. Tout mesurer. Ne rien laisser échapper au scanner. Tes yeux. Lire tous tes yeux. Voir si tu plisses les paupières, si ta pupille parle, si elle me dit ce que j’ai envie d’entendre. Chercher ton cou. Repérer l’artère qui bat. Comme toujours ? Sais pas. Si fin, si long le cou. Et caresser de l’œil l’épaule bien ronde, puis l’autre. Revenir à la bouche. Pas de sourire, pas de pas sourire. Un tout petit mouvement de la lèvre. Est-ce un bébé baiser qui va bientôt venir au monde ? C’est pas le moment de voir. Trouver la clé de voûte. Dénicher l’envoûtement. Je vois les jambes. J’en veux encore. Je revois les jambes. Les dessine, soudain virtuelles, sous la robe qui les dérobe. Remonter . Doucement, doucement. Suivre les courbes devinées. Je vois le carrefour. Je le sais déjà. Est-ce là, toujours, que les routes se croisent ? Pas le temps de. Pas le moment. Pas encore. La peau. Ta peau. Le piège. Je sais qu’il faut toucher. Ce n’est pas négociable : c’est obligatoire. Un pas en avant. J’effleure les deux bras. Hésite. Change le plan. Le dos de tes mains, du bout des doigts. Tes bras, tes mains. J’en connaissais le grain, la température. Je les reconnais. Ne dis rien. Bouge pas. Laisse-moi respirer. Respire avec moi. Même rythme. Tu sens comme on se sent si bien ? Viens. Autorise mon trop lent plongeon dans ce cou si tôt repéré. Ecarter doucement les cheveux. M’insinuer entre forêt et clairière. Poser la joue. Poser la bouche. Déposer un bisou d’enfant. Respirer. Tout apprendre. Tout comprendre. Reculer doucement. Poser le front sur ce front brûlant. Regarder au fond des yeux. Se voir en double, se voir en trouble. Puis reculer un peu, un tout tout petit peu. Laisser ta tête s’incliner à droite. Je viendrai très près. Je vais me pencher un peu. Tenter une lèvre et puis l’autre. Un battement de cœur pour me dire que tu dis oui. Je n’hésiterai pas. Je serai en toi, frais, tendre et déroutant. Je reconnaîtrai le parfum. Tu te diras que tu m’as connu dans une autre vie. Je te dirai que oui. Et nous ne saurons ni pourquoi, ni comment arrêter ce baiser…

 

  1. Y avait pas assez de place sur une carte postale. Une lettre, ça te va aussi ?

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