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De bon matin,

Tu connais Francis Hallé ? Je connaissais l’existence du « radeau des cîmes » qui étudie le vivant sur la canopée tropicale. Je ne savais pas que c’était lui. J’ai fait sa connaissance un soir dans mon lit. Sur France Inter. Passionnant.

Passionnant d’écouter des gens passionnés, vivant (oh combien !) de leur passion, explorant l’inconnu et passeurs de Lumière…

J’ai mal dormi. Enfin, je veux dire je n’ai quasiment pas dormi. Une de ses phrases m’a tenu éveillé des heures durant pendant lesquelles j’ai pu tourner et retourner ses mots qui m’ont interpelé et touché au plus profond de ma conscience.

«  Quel que soit votre métier, à un moment donné, vous allez vous demander si vous n’êtes pas en train de perdre votre temps, et même si vous n’avez pas une activité pernicieuse. Vous pouvez être commerçant, archevêque, marin pêcheur, musicien ou médecin, tôt ou tard vous aurez l’impression de perdre votre temps. I l existe une seule exception : si vous plantez des arbres, vous êtes sûr que ce que vous faites est bien… »

Le choc.

Non, je ne vais pas planter des arbres. Mais j’aurais aimé entendre ceci bien plus tôt, avant qu’il soit trop tard. Je ne sais si mon activité de 35 ans a été pernicieuse ou pas. Comme le disait un jour mon ami Michel : Ne pas cracher dans la soupe qui nous a (bien) nourris pendant ces si longues -et trop courtes- années. N’ai-je fait que glisser à la surface des choses ? La question ne se posait même pas, aveuglé de certitudes, avançant tranquille content d’avoir tout compris de la vie. Le passé était écrit. Le futur, il suffisait de continuer à l’écrire. Le présent était le prix à payer pour remplir l’encrier.

Merci Monsieur Hallé, éclaireur éclairé, passeur parmi d’autres, qui t’offre ce supplément de conscience, balance tes certitudes comme une chiquenaude explose un château de cartes.

Maintenant je surfe, émerveillé, sur des océans de points d’exclamation et me laisse sombrer, gourmand, dans des abysses de points d’interrogation. Je me gave de ce que je ne connaissais pas et j’en redemande encore et encore. Je ne savais pas que les cimes d’arbres amazoniens hauts de plus de 50 mètres étaient peuplées de millions de petites grenouilles et autant de petits crabes, je ne savais pas que la taille des arbres évoluait, en plus et en moins au même rythme et la même intensité que les marées, je ne savais pas qu’il existe en Tasmanie un pin Huon de 34.000 ans, né en même temps que l’Homme de Cro Magnon, menacé de mort aujourd’hui non par l’âge mais par l’avidité et l’inconscience de l’Homo Sapiens Sapiens !

Je suis fasciné par tous les ouvreurs de portes, les poseurs de questions fascinés de nature plutôt que par ces « humains-sapiens » , promoteurs en tous genres, lobbyistes, chimistes fous, architectes en destruction du monde et faiseurs de guerres qui ne sont fascinés que par une chose : eux-mêmes.

Là-dessous je peux me rendormir tranquille : je peux devenir Miss France. Si je n’ai pas sa plastique, j’en ai peut-être le discours. Pavé de bonnes intentions.

g

 

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