Je suis un oignon.

Et chaque jour qui passe m’enlève une pelure.

Au début tu ne fais pas attention

A ce périmètre qui rétrécit.

Couche après couche.

Je suis un oignon

Mais pas de larmes aux yeux.

Rien n’est vraiment douloureux.

Je vis sur mon appétit des mots, mes gourmandises des choses.

Ne plus marcher ? La belle affaire puisque je vole.

Je traverse les nuages.

Je respire au rythme du souffle des forêts

et du regard de ceux que j’aime.

Je me fais mon tour du monde à moi,

Mes escales sont places de villages

Mes oliviers sont calendriers éternels

Mes escapades en champs de lavandes

Sont mes ivresses.

Et puis, ce cabanon qui veille sur Syrah,

Mourvèdre et Cabernet…

Bon, je n’entends plus les crickets.

J’écouterai mes chants intérieurs.

Encore une épluchure qui se taille.

Je suis un oignon.

Il se pourrait même qu’un jour,

Comme tous les oignons,

Je finisse à la casserole.

One thought on “

  1. Je la relis, comme je l’ai lue et relue des dizaines de fois. Et une fois encore, comme à chaque fois, ton histoire me fait pousser une larme à l’oeil. Pourtant il n’y a pas l’ombre d’un oignon ici.
    Je crois bien que c’est ce que tu as écrit de plus beau.
    Prends ton temps pour t’éplucher tout de même. On a tout le temps.

    Je t’aime, mon ami l’oignon.

    J'aime

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